Le portrait
Olivier Mathiot est un entrepreneur et investisseur français. Il est connu comme cofondateur de PriceMinister, site de vente en ligne lancé en 2001 avec son cousin Pierre Kosciusko-Morizet, qu’il a présidé après son rachat par le groupe japonais Rakuten. En 2012, il compte parmi les porte-parole du mouvement des « Pigeons », avant de coprésider l’association France Digitale. Il prend ensuite la présidence de thecamp, un campus consacré à l’innovation à Aix-en-Provence. Depuis mars 2021, il est directeur général du fonds d’investissement 2050, fondé par Marie Ekeland.
De Grenoble aux agences de publicité
Olivier Mathiot grandit à Grenoble dans une famille d’ingénieurs, rapporte le magazine The Agility Effect en 2021 : son père est polytechnicien, son frère est passé par les Arts et Métiers et sa sœur est ingénieure agronome. Il intègre HEC, dont il est diplômé avec une spécialisation en marketing d’après sa biographie de chroniqueur au Journal du Net. Il explique avoir toujours hésité entre le monde des affaires et un univers plus créatif.
Sa carrière commence dans la publicité. Jusqu’en 2000, d’après cette biographie, il est publicitaire, directeur de marque puis directeur commercial dans les agences CLM/BBDO et DDB, pour des marques de grande consommation.
PriceMinister, du marketing à la présidence
En 2001, Pierre Kosciusko-Morizet lui montre le plan d’affaires de PriceMinister. Olivier Mathiot propose de s’associer au projet et en devient le directeur marketing, a-t-il raconté. Pierre Krings et Justin Ziegler figurent aussi parmi les cofondateurs. D’abord centré sur la vente entre particuliers, le site s’ouvre ensuite aux marchands professionnels. En juin 2010, Rakuten le rachète pour environ 200 millions d’euros.
Chargé du marketing et de la communication, Olivier Mathiot devient peu à peu celui qui s’exprime publiquement au nom de l’entreprise. Le 28 avril 2014, PriceMinister annonce qu’il en prend la présidence : Pierre Kosciusko-Morizet abandonne ses fonctions opérationnelles et le directeur général Pierre Krings quitte la société. En mars 2018, sur le blog du groupe Rakuten, il présente le changement de nom du site, qui doit à terme prendre le seul nom de Rakuten, et décrit 2017 comme la meilleure année de l’histoire de l’entreprise.
La date de son départ varie selon les sources. En novembre 2018, FrenchWeb présente Fabien Versavau comme le nouveau PDG de Rakuten France, qui lui a succédé ; le site de 2050 situe ce départ en 2019. Il le relie lui-même à l’effacement de la marque PriceMinister, qu’il décrit comme la fin d’une époque.
Porte-parole des « Pigeons »
À l’automne 2012, le projet de loi de finances pour 2013 prévoit d’alourdir la taxation des plus-values de cession d’entreprise, qui pourrait passer de 35 % à 60 %. Un mouvement d’entrepreneurs né sur les réseaux sociaux, les « Pigeons », s’y oppose. Olivier Mathiot en est l’un des porte-parole, avec Jean-David Chamboredon, président du fonds ISAI. Il co-initie aussi, avec plusieurs entrepreneurs et investisseurs dont Marie Ekeland, un manifeste publié le 19 octobre 2012, signé par plus de 3 000 entrepreneurs en moins de trois jours et porté au président François Hollande.
Il poursuit le débat par écrit. Dans ses chroniques au Journal du Net, il explique pourquoi la loi de finances 2013 l’incite à ne plus investir dans de nouvelles startups, puis écrit en décembre 2013 avoir recommencé après les Assises de l’entrepreneuriat, où François Hollande avait annoncé en avril des aménagements de la réforme. La même année, il publie chez Plon un essai, La gauche a mal à son entreprise.
À la tête de France Digitale
En octobre 2013, France Digitale, association fondée l’année précédente par Marie Ekeland et Marc Ménasé, l’élit président : il la copréside au titre des entrepreneurs, Marie Ekeland représentant les investisseurs. Maddyness fait pour sa part remonter cette présidence à 2012.
Le 31 mars 2016, sur franceinfo, il soutient la loi Travail, notamment le plafonnement des indemnités de licenciement, tout en la qualifiant de « loi du XXème siècle » qui, selon lui, ne prend pas en compte le numérique. Le 15 novembre 2016, il déclare sur franceinfo : « Nous dénonçons l’instabilité législative et fiscale en France ». Quelques jours plus tard, il annonce dans le JDD le retour du mouvement des Pigeons, porté cette fois par France Digitale. Il y conteste la remise en cause du régime des actions gratuites attribuées aux salariés, la loi Grandguillaume sur les VTC et un projet de prélèvement social sur la location entre particuliers.
Il quitte la présidence en 2017 et reste ensuite administrateur et vice-président de l’association.
La présidence de thecamp
Le 25 avril 2018, il prend la tête de thecamp, un campus imaginé par Frédéric Chevalier sur le plateau de l’Arbois, à Aix-en-Provence, qui mêle résidences de startups, formation et événementiel. Ce projet public-privé, au budget d’investissement de 80 millions d’euros, a reçu 19 millions d’euros d’avances remboursables des collectivités locales et de la CCI Marseille Provence.
En avril 2019, après l’annonce de suppressions de postes, il explique à Made in Marseille que la gouvernance a changé fin 2018 avec l’arrivée d’une nouvelle directrice générale. Il évoque une baisse des coûts de 10 à 20 % et sept ou huit départs, revendique plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires la première année et vise l’équilibre en 2022. Le média rapporte aussi les critiques de détracteurs qui parlent d’« un gaspillage de l’argent public ». En octobre 2019, sur Sud Radio, il compare les résidences de six mois proposées à de jeunes profils à celles de la Villa Médicis. Le site de 2050 indique qu’il présidait thecamp avant de rejoindre le fonds en 2021 ; Maddyness le présente encore comme président non exécutif au moment de sa nomination.
2050, un fonds sans limite de durée
En mars 2021, Marie Ekeland le recrute comme directeur général de 2050, fonds qu’elle a créé fin 2020 pour financer des projets à impact. Décideurs Magazine écrit en 2022 que le fonds a été lancé par les deux associés, mais 2050 et Maddyness en attribuent la création à Marie Ekeland. Le fonds est dit evergreen : il ne limite pas la durée de ses investissements. En mai 2024, Maddyness lui prête plus de 135 millions d’euros sous gestion et douze participations, dont Withings, Sweep et Fifteen. Début 2023, 2050 codirige avec XAnge une levée de 15 millions d’euros d’Omie & Cie, marque alimentaire qu’Olivier Mathiot qualifie auprès de Sista de « dossier exemplaire de ce que 2050 veut faire ».
En 2026, d’après ses communiqués, 2050 reprend la gestion du portefeuille de Future Positive Capital, puis du fonds Galion.exe Origin. Le fonds revendique en septembre 250 millions d’euros d’actifs sous gestion, répartis entre plus de 70 sociétés. Ces communiqués ne mentionnent pas Olivier Mathiot.
À titre personnel, il dit avoir soutenu comme business angel plus de 40 sociétés, dans la foodtech, la fintech, l’e-commerce et la mobilité. Il anime depuis 2021, écrit-il, un podcast d’entretiens avec des entrepreneurs, 40 Nuances de Next, et signe sur le site de 2050 une série de tribunes tirées d’entretiens avec onze fondateurs. The Agility Effect le décrit aussi comme cinéphile, auteur d’un projet de série télévisée sur les startups.
Parcours
En France, on légifère au napalm !
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