Pierre Kosciusko-Morizet

Tech, Ecommerce

Pierre Kosciusko-Morizet

Cofondateur de PriceMinister, vendu à Rakuten en 2010, et l'un des initiateurs du fonds ISAI

Le portrait

Pierre Kosciusko-Morizet, souvent désigné par ses initiales PKM, est un entrepreneur et investisseur français, né le 17 avril 1977 à Orléans. Il est connu pour avoir cofondé en 2000 PriceMinister, un site d’achat-vente qui met en relation vendeurs et acheteurs. Diplômé d’HEC en 1999, l’année où sa première société dépose le bilan, il lance PriceMinister à son retour des États-Unis et le dirige, y compris après son rachat par le groupe japonais Rakuten en 2010, jusqu’en 2014, date à laquelle il quitte ses fonctions opérationnelles. Il se consacre depuis à l’investissement, notamment au sein du fonds ISAI, dont il est l’un des initiateurs. En 2026, le site d’ISAI le présente comme membre de son conseil stratégique.

Du Vietnam à Visualis, une première société

Pierre Kosciusko-Morizet grandit dans une famille connue pour son engagement politique. Son arrière-grand-père André Morizet compte parmi les fondateurs du Parti communiste français, son grand-père Jacques a été ambassadeur de France aux États-Unis, son père François a été maire de Sèvres et sa sœur aînée, Nathalie Kosciusko-Morizet, devient secrétaire d’État puis ministre.

Il entre à HEC en 1995. Pendant sa troisième année, il effectue un stage au Vietnam chez Aden, une société fondée en 1997 par l’entrepreneur français Joachim Poylo. Chargé d’ouvrir la filiale du nord du pays, il se retrouve à 21 ans à la tête d’une équipe de 130 personnes.

Dans la filière HEC Entrepreneurs, il travaille sur un système de comptage, par caméras numériques, des personnes qui fréquentent les lieux publics. Il en fait une société, Visualis SA, lancée en 1998, et y place une partie de son prêt étudiant. L’activité ne décolle pas, son fournisseur se retire et l’entreprise dépose le bilan à l’été 1999, au moment où il obtient son diplôme. Il parlera plus tard d’un échec « formateur ».

De Richmond à Paris, l’idée importée de Half.com

En novembre 1999, il part aux États-Unis et entre chez Capital One, une banque de crédit à la consommation installée à Richmond, en Virginie, comme manager au département marketing et finance. Il y remarque Half.com, un site d’achat-vente de produits culturels entre particuliers que vient de racheter eBay. Le concept est alors inconnu en Europe et il décide de le transposer en France.

Un an après son embauche, il quitte la banque. En 2010, il racontait à l’AFP ce moment : « Il fallait que je plaque tout, que je reparte de zéro, que je remonte une boîte, même si je mettais ma vie de rêve en péril. » Il a alors 23 ans. Il s’associe à Pierre Krings, un ancien de Capital One, ainsi qu’à Justin Ziegler et Olivier Mathiot. Les fondateurs lèvent 700 000 euros auprès de 40 business angels. La société PriceMinister est créée en août 2000 et le site ouvre en janvier 2001.

« Devenez radin ! », dix ans jusqu’au rachat par Rakuten

Les débuts sont difficiles, la bulle internet venant d’éclater. PriceMinister ne détient pas de stock : il se présente comme une plateforme de mise en relation et comme tiers de confiance en cas de litige entre vendeur et acheteur. Le slogan publicitaire « Devenez radin ! » contribue à faire connaître le site. L’entreprise se diversifie en rachetant le site d’annonces immobilières AVendre-ALouer, puis Planetanoo, Voyagermoinscher et Billetmoinscher, dans le voyage.

Deux projets de cession échouent, avec eBay et avec les 3 Suisses, et l’introduction en Bourse envisagée en 2008 n’aboutit pas en pleine crise financière. En 2010, pour les dix ans de la société, Pierre Kosciusko-Morizet publie un livre sur son histoire, PriceMinister – Toutes les entreprises ont été petites un jour. Le site revendique alors plus de 23 millions d’internautes par mois et une offre de plus de 150 millions de produits.

En juin 2010, PriceMinister est vendu au groupe japonais Rakuten pour 200 millions d’euros ; HEC Paris le décrit comme le site d’e-commerce le plus visité de France au moment du rachat. Pierre Kosciusko-Morizet reste président-directeur général de la société et devient ensuite directeur général de Rakuten en Europe. En avril 2014, il annonce quitter ces deux fonctions pour devenir administrateur non exécutif de PriceMinister et conseiller de Rakuten Europe. Le site prend en 2018 le nom de Rakuten France.

De l’ASIC au Conseil national du numérique

À partir de 2007, il copréside l’Association des services Internet communautaires (ASIC), puis il préside de 2008 à 2011 l’Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel), dont il devient ensuite président d’honneur. En 2010, le gouvernement le charge de mettre en place le Conseil national du numérique. En 2013, après l’échec des négociations entre Dailymotion et Yahoo, il s’en prend publiquement au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Il est nommé chevalier de l’ordre national du Mérite en novembre 2011 et fait partie des Young Leaders de la French-American Foundation. Il a également signé la préface de l’ouvrage Web 2.0 et au-delà, paru chez Economica en 2010.

ISAI, Kernel et le choix de l’investissement

Wikipédia date de 2008 la création, avec Pierre Krings, de Kernel Investissements ; le Journal du Net le présente en 2014 comme associé gérant de cette société. En mai 2013, il investit par exemple 500 000 euros dans La Bonne Box. L’encyclopédie lui attribue aussi un rôle dans la naissance de PeopleDoc : enseignant la création d’entreprise à HEC Entrepreneurs en 2007, il en aurait proposé l’idée à son élève Jonathan Benhamou avant d’en devenir le premier investisseur.

Avec Geoffroy Roux de Bézieux, Ouriel Ohayon, Stéphane Treppoz et Christophe Raynaud, rejoints ensuite par Jean-David Chamboredon, il est à l’initiative d’ISAI, qui se présente comme le fonds d’investissement des entrepreneurs de la tech. Le fonds dit fédérer plus de 430 entrepreneurs et revendique plus de 900 millions d’euros sous gestion. Pierre Kosciusko-Morizet y siège au conseil stratégique avec Geoffroy Roux de Bézieux et Stéphane Treppoz ; ce conseil fixe les grandes orientations de la société de gestion et présélectionne les principaux investissements. Il figure aussi parmi les investisseurs historiques de Blade, la start-up parisienne qui commercialise Shadow, un PC dématérialisé dans le cloud : en juin 2017, La Tribune le range parmi les business angels qui ont réinvesti à chaque tour de table, lors d’une levée de 51 millions d’euros en série C.

Dans un entretien publié par HEC Paris, il explique avoir d’abord pensé, en 2014, créer une nouvelle entreprise, avant d’y renoncer pour ne pas consacrer tout son temps à un seul projet. Il dit investir surtout par deux canaux, ISAI pour les sociétés technologiques et Kernel pour le reste, et y trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aux jeunes entrepreneurs, il conseille de se méfier des conseils et d’apprendre de leurs échecs.

Du piano aux platines

En 2010, il confie à l’AFP prendre des cours de piano et de chant et envisager d’en faire un jour son métier ; il se dit « fan absolu » de Léo Ferré et passionné d’aviation légère et de rugby. Quatre ans plus tard, le Journal du Net rapporte qu’il songe à une carrière d’auteur-compositeur et que, chez PriceMinister, les nouveaux arrivants se présentaient une fois par mois au reste de l’équipe en chanson. Selon Wikipédia, il se produit depuis 2021 comme DJ de musique électronique, en parallèle de ses activités d’investisseur.

Parcours

1998-1999
Visualis, une première société
Étudiant à HEC Entrepreneurs, il crée Visualis SA, une société qui développe un système de comptage de la fréquentation par caméras numériques, et qui dépose le bilan à l'été 1999.
1999
Manager chez Capital One
Il rejoint en novembre la banque américaine à Richmond, en Virginie, où il découvre le site Half.com.
2000
Création de PriceMinister
Il fonde la société en août avec Pierre Krings, Justin Ziegler et Olivier Mathiot ; le site ouvre en janvier 2001.
2008-2011
Présidence de l'Acsel
Il préside l'Association pour le commerce et les services en ligne, dont il devient ensuite président d'honneur.
2010
Vente à Rakuten
PriceMinister est cédé en juin au groupe japonais pour 200 millions d'euros ; il reste PDG puis dirige Rakuten en Europe.
2014
Départ de PriceMinister
Il annonce en avril son départ de ses fonctions exécutives et se consacre ensuite à l'investissement, notamment via ISAI et Kernel.
Depuis 2021
DJ de musique électronique
Il se produit comme DJ de musique électronique, en parallèle de ses activités d'investisseur.

Il fallait que je plaque tout, que je reparte de zéro, que je remonte une boîte, même si je mettais ma vie de rêve en péril.

AFP, mai 2010

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