Le portrait
Clara Chappaz est une dirigeante et femme politique française, née le 14 juin 1989 à Paris. Diplômée de l’ESSEC et de la Harvard Business School, elle travaille d’abord dans le commerce en ligne, en Asie du Sud-Est puis chez Vestiaire Collective. Elle dirige la Mission French Tech de 2021 à 2024, avant d’entrer au gouvernement comme secrétaire d’État, puis ministre déléguée, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, jusqu’en octobre 2025. Ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle à partir de décembre 2025, elle rejoint la présidence de la République à l’été 2026 comme conseillère attractivité, numérique et intelligence artificielle.
De l’ESSEC à l’e-commerce en Asie
Clara Chappaz est la fille de l’entrepreneur Pierre Chappaz, cofondateur de Kelkoo, de Wikio et de Teads. Après une classe préparatoire au lycée Saint-Louis, elle intègre l’ESSEC Business School (promotion 2012). Elle a raconté en 2022 à Reflets, le magazine d’ESSEC Alumni, avoir été très investie dans la vie de l’école, au sein du bureau des élèves.
Entre 2013 et 2016, elle occupe plusieurs fonctions chez Zalora, plateforme de mode en ligne d’Asie du Sud-Est ; L’Info durable la situe à Bangkok et à Singapour. Elle travaille aussi pour Lyst, moteur de recherche de mode basé à Londres. De 2016 à 2018, elle suit le MBA de la Harvard Business School, à Boston, où elle lance Lullaby, une place de marché d’occasion pour les produits pour bébés. Wikipédia mentionne également un passage par le Boston Consulting Group à New York.
Vestiaire Collective, le retour en France
En 2019, Clara Chappaz rejoint Vestiaire Collective, site français de revente d’articles de luxe d’occasion, comme Chief Growth Officer puis Chief Business Officer, jusqu’en 2021. Dans le même entretien à Reflets, elle dit avoir été attirée par une entreprise qui cherchait « à promouvoir des modes de consommation plus responsables » et par l’envie de rentrer en France.
Elle y cite comme principal chantier le lancement de « l’envoi direct » entre vendeurs et acheteurs, qui a permis selon elle de baisser les commissions et d’attirer davantage de vendeurs. Elle s’occupe en parallèle de la task force « Women Empowerment » de l’entreprise.
Trois ans à la tête de la Mission French Tech
Le 1er novembre 2021, Clara Chappaz prend la direction de la Mission French Tech, l’administration chargée de soutenir l’écosystème des start-up, où elle succède à Kat Borlongan. À son arrivée, elle annonce vouloir passer d’environ 200 start-up accompagnées directement à un millier, en s’ouvrant davantage aux régions et à la deeptech.
Son mandat couvre une période contrastée : selon Wikipédia, les start-up françaises lèvent un record de 13,5 milliards d’euros en 2022, avant un tarissement des investissements. La Mission lance en 2023, avec le ministre du Numérique Jean-Noël Barrot, Bpifrance et le Secrétariat général pour l’investissement, le programme French Tech 2030, qui accompagne 125 entreprises. Elle est aussi à l’origine de Je choisis la French Tech, qui incite les grands groupes à acheter davantage aux start-up.
Arrivée au terme de son contrat de trois ans, elle choisit de ne pas le renouveler et quitte ses fonctions en septembre 2024. Elle explique alors à Maddyness que la crédibilité du poste tient à « une expérience terrain très concrète » de la personne qui l’occupe. Les acteurs interrogés par le média en dressent un bilan majoritairement positif, avec des réserves sur la parité et sur Je choisis la French Tech.
L’intelligence artificielle entre au gouvernement
Le 21 septembre 2024, Clara Chappaz est nommée secrétaire d’État chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique dans le gouvernement Barnier, où elle succède à Marina Ferrari. L’IA figure pour la première fois dans l’intitulé du poste, rattaché au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et non plus à Bercy. Le 23 décembre, elle est reconduite dans le gouvernement Bayrou comme ministre déléguée, de nouveau rattachée à Bercy.
Elle prépare, avec Anne Bouverot, envoyée spéciale du président de la République, le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, réuni en février 2025 au Grand Palais. D’après Wikipédia, plus de 100 pays y participent et 61 signent une déclaration commune pour une IA « ouverte, inclusive et éthique ».
En avril 2025, elle relance un appel à projets pour financer un « cloud souverain ». Elle adresse aussi aux ministères une circulaire les encourageant à utiliser des outils de bureautique souverains. Le 1er juillet 2025, à Bercy, elle lance le plan « Osez l’IA », qui vise l’adoption de l’intelligence artificielle d’ici 2030 par toutes les grandes entreprises, 80 % des PME et ETI et 50 % des TPE.
Protection des mineurs et législative partielle à Paris
Sur le volet numérique, Clara Chappaz défend l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans et la vérification de l’âge sur les sites pornographiques. En août 2025, trois jours après la mort en direct du streameur Jean Pormanove sur la plateforme Kick, elle déclare : « Il y a urgence à sortir de ce Far West numérique dans lequel on est aujourd’hui ». Elle évoque, selon franceinfo, des sanctions pouvant aller « jusqu’à la fermeture de la plateforme » en cas de « défaillances ».
En juillet 2025, elle est pressentie pour représenter Renaissance à la législative partielle de la 2e circonscription de Paris, que se disputent Michel Barnier et Rachida Dati. Le 29 juillet, sur RMC, elle déclare : « Je ne suis pas là pour ajouter du bazar au bazar », tout en assurant que ce n’est pas « du renoncement ». Elle n’est finalement pas candidate.
Du Quai d’Orsay à l’Élysée
Ses fonctions ministérielles prennent fin le 5 octobre 2025, lorsque Naïma Moutchou reprend son portefeuille dans le gouvernement Lecornu I. Le 10 décembre suivant, le Conseil des ministres la nomme ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle, un poste du ministère des Affaires étrangères tenu depuis 2018 par Henri Verdier. Elle y défend les positions françaises à l’international et s’implique dans le dossier de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, selon Décideurs Magazine.
Fin juillet 2026, plusieurs médias annoncent son arrivée à l’Élysée comme conseillère du président de la République pour l’attractivité, le numérique et l’intelligence artificielle. Elle reprend une partie des dossiers de deux conseillères sur le départ, Claire Vernet-Garnier et Victoire Vandeville. Un arrêté du 31 août 2026, publié au Journal officiel le 1er septembre, officialise sa nomination, précise AEF info. Selon Alliancy, elle devrait notamment contribuer à préparer un nouveau sommet Choose France.
Parcours
J'ai l'habitude de dire que l'entrepreneuriat n'est jamais une ligne droite.
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