Le portrait
Catherine Barba est une entrepreneuse et investisseuse française, née le 28 février 1973 à Rueil-Malmaison. Elle travaille dans le numérique depuis la fin des années 1990 : après avoir dirigé iFrance, elle crée le site de cashback Cashstore et le cabinet de conseil Malinea, qu’elle revend à Plebicom et à Vente-privée. En 2012, elle fonde CB Group, qui accompagne enseignes et marques dans leur passage au numérique, et investit en parallèle dans de jeunes entreprises (une vingtaine en 2024). Administratrice de Renault à partir de 2017, elle fait aussi partie des investisseurs de la première saison de Qui veut être mon associé ?. En 2022, elle cofonde Envi, une école pour les indépendants dont elle prend la direction générale.
De l’ESCP au département Internet d’OMD
Catherine Barba est la petite-fille d’immigrés espagnols ; dans ses conférences TEDx, elle raconte souvent comment ses grands-parents ont fui l’Espagne franquiste. Son père fait carrière chez Esso, sa mère chez Technip. Elle étudie à l’ESCP, dont elle sort diplômée en 1996.
C’est aux États-Unis qu’elle découvre le Web, en 1995, pendant un stage chez Technip. À sa sortie d’école, elle prend la tête du département Internet et publicité en ligne de l’agence OMD, du groupe Omnicom, où elle vend des bannières publicitaires, alors toutes nouvelles.
D’iFrance au cashback, dix ans de start-up du Web
Elle rejoint ensuite iFrance, un hébergeur de sites Internet fondé par Marc Simoncini, en 2000 selon Décideurs Magazine, en 1999 selon Wikipédia en anglais. Elle en devient directrice générale et y reste jusqu’au rachat de la société par Vivendi. Elle décrit Marc Simoncini comme « un grand patron et mentor » ; Maddyness cite Viviane Prat comme son autre mentor.
En 2003, elle crée Cashstore, un portail consacré au cashback, qui compte 500 000 utilisateurs et 1 200 sites marchands partenaires lorsqu’elle le cède au groupe Plebicom, en 2009 selon Maddyness, en 2010 selon Wikipédia en anglais. Elle lance aussi Malinea, un cabinet de conseil en commerce électronique, revendu à Vente-privée (aujourd’hui Veepee) en 2011. La vente d’iFrance puis ces deux cessions lui donnent, dit-elle à Décideurs, « l’assise financière pour investir ».
CB Group, du magasin au numérique
En 2012, Catherine Barba fonde Catherine Barba Group, ou CB Group. La société accompagne les enseignes de la distribution physique et les grandes marques, notamment dans le luxe, dans leur transformation interne autour du numérique et des clients : stratégie omnicanale, service client sur mobile.
En 2013, elle publie Le Magasin n’est pas mort !, avec le soutien de la Fevad, du ministère de l’Économie et des Finances et de la Banque populaire. À l’automne 2014, elle apparaît sur M6 dans Entreprendre c’est grandir, un programme court.
En 2015, elle part s’installer avec sa famille aux États-Unis, où elle étudie les pratiques des différents canaux de vente à travers un observatoire qu’elle crée sur le sujet.
La « mamie du French web » et la place des femmes dans le numérique
En parallèle de ses entreprises, Catherine Barba s’engage pour la place des femmes dans le numérique. Elle organise alors chaque année, au mois de mars, la Journée de la Femme digitale, dont une édition se tient en mars 2014. Elle intervient aussi auprès des jeunes avec l’association Nos quartiers ont des talents et le club 100 000 entrepreneurs, au conseil duquel elle siège en 2022.
Elle reçoit le titre de Femme en Or en 2011. Le 8 décembre 2014, le club Génération Femmes d’Influence lui remet le prix de la Femme d’Influence économique, lors de la première édition de ces prix, qui distingue le même soir Nathalie Loiseau (catégorie politique) et la cheffe d’orchestre Zahia Ziouani (prix « coup de cœur »). Sur Twitter, elle se surnomme alors elle-même « mamie du French web ». Elle est nommée chevalière de l’ordre national du Mérite en 2012, puis chevalière de la Légion d’honneur par décret du 30 décembre 2017.
Business angel, de Leetchi au conseil de Renault
Catherine Barba investit dans de jeunes entreprises à partir de 2010. En 2014, elle est business angel d’une dizaine de start-up, dont Leetchi et Mangopay, fondées par Céline Lazorthes ; elle est aussi administratrice ou investisseuse de FrenchWeb, Recommend, Bedycasa, Trendsboard et Soshape. En 2020, elle fait partie des investisseurs de la première saison de Qui veut être mon associé ?, une émission de téléréalité adaptée du format Dragons’ Den. En 2024, elle a investi dans une vingtaine d’entreprises, avec des tickets moyens de 50 000 euros, selon trois thèses : les start-up qui transforment le commerce et la relation client, la fintech et l’éducation. Elle soutient notamment la néobanque Green-Got et l’école Ada Tech, qui forme des femmes au métier de développeur, et finance des entreprises portées par des femmes ou des équipes mixtes.
En 2017, elle entre au conseil d’administration de Renault. « Il est rare de pouvoir comprendre de l’intérieur comment les grands groupes opèrent avec les start-up », explique-t-elle à Décideurs. Elle y siège encore en octobre 2024, mais ne figure plus dans la composition du conseil publiée par Renault Group en 2026. En 2021, elle rejoint le conseil stratégique de Y Schools, l’ancien groupe ESC Troyes, qui la présente comme fondatrice et dirigeante du WIN Forum NY.
Envi, une école pour les indépendants
De retour en France, Catherine Barba cofonde en 2022 Envi, une école destinée aux indépendants, dont elle devient la directrice générale. Elle s’associe à deux amies d’enfance, Carine Malausséna et Charlotte de Charentenay, ainsi qu’à Rachel Lesage. « Ce qui m’a sauté aux yeux quand je suis rentrée des Etats-Unis, c’était que le freelancing était une lame de fond qui allait bouleverser le monde du travail », explique-t-elle à Maddyness en octobre 2022.
Envi, qui se présente comme une entreprise à mission, propose d’abord un test de 70 questions, élaboré avec des spécialistes des neurosciences et des sciences cognitives, pour évaluer les forces et les faiblesses des futurs indépendants. Son catalogue compte alors une quinzaine de formations à distance de deux à douze semaines, suivies en cohortes ; l’accompagnement de trois mois est éligible au CPF et les modules de deux semaines coûtent 400 euros. La première promotion compte 23 personnes. L’école vend aussi un abonnement à 10 euros par mois et accompagne les grands groupes qui travaillent avec des indépendants. Parmi les mentors annoncés figurent Éric Larchevêque, Philippe Hayat, Céline Lazorthes, Frédéric Mazzella et Marc Simoncini.
En 2024, Décideurs cite toujours Envi parmi ses activités et note qu’elle a ralenti ses nouveaux investissements depuis sa création. Elle y résume ce qu’elle appelle sa mission : « Hisser la capacité de vente des indépendants à leur niveau d’expertise. »
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