Jean-Émile Rosenblum

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Jean-Émile Rosenblum

Cofondateur de Pixmania au début des années 2000, il a relancé la marque en 2022 autour des produits technologiques reconditionnés

Le portrait

Jean-Émile Rosenblum est un entrepreneur français du commerce en ligne, né en 1978. Il est connu pour avoir fondé Pixmania avec son frère aîné Steve au début des années 2000, un site de vente d’électronique dont la majorité a été cédée en 2006 au groupe britannique Dixons. Sortis de l’entreprise en 2012, les deux frères lancent The Kase, une enseigne d’accessoires pour téléphones, puis récupèrent en 2020 la marque Pixmania, alors en liquidation. Jean-Émile Rosenblum dirige depuis la nouvelle Pixmania, une place de marché de produits technologiques neufs et reconditionnés. En 2026, il conteste publiquement le rejet de son offre de reprise de Rakuten France.

Des Laboratoires Parisiens à la vente d’appareils photo

Pixmania naît en 2000 selon le Journal du Net, Solutions Numériques et FrenchWeb, en 2001 selon le podcast Cash Out, qui la fait partir d’une idée : le tirage photo en ligne.

Michel de Guilhermier, fondateur du concurrent Photoways, a donné sa version de ces débuts dans une tribune publiée par le Journal du Net en 2012. Le projet aurait d’abord été porté par Les Laboratoires Parisiens, l’entreprise de la famille Rosenblum, qui envisageait un service de tirage. Jugeant ce marché trop étroit, les fondateurs se seraient concentrés sur la vente d’appareils photo numériques, et Pixmania aurait racheté le grossiste Japan Diffusion pour sécuriser ses approvisionnements. Le tirage photo ne revient qu’à la fin de 2002, avec le service myPIXmania.

PixPlace, les magasins et Dixons au capital

En 2006, les deux frères cèdent 77 % de Pixmania au distributeur britannique Dixons. Le montant diffère selon les sources : 270 millions d’euros pour Solutions Numériques, 266 millions selon la tribune de Michel de Guilhermier, tandis que le Journal du Net évoque une valorisation de 350 millions d’euros. Les fondateurs gardent 22 % du capital.

Directeur général du site, il explique en septembre 2009 au Journal du Net que Pixmania élargit son offre par sa place de marché PixPlace, passée en dix-huit mois de 20 000 ou 30 000 références à plusieurs millions. L’entreprise lance aussi des conseillers vidéo, les PixExperts, et mise sur la télévision, notamment avec une opération autour de Secret Story sur TF1. Il y prédit la disparition progressive des pure players au profit des sites adossés à des groupes : « Le seul pure player qui résistera sera Amazon. »

Sur l’exercice clos le 30 avril 2010, Pixmania réalise 897 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon le même site. Fin 2011, l’entreprise emploie 1 400 salariés et compte 18 magasins en France et à l’étranger. Les frères Rosenblum estiment alors que les boutiques pourraient représenter la moitié des ventes d’ici 2017.

2012, la sortie du capital et la rupture avec Dixons

Les résultats se dégradent ensuite. Sur l’exercice clos fin avril 2012, le chiffre d’affaires recule à 843 millions d’euros selon le Journal du Net, et l’entreprise perd 25 millions. Le 10 août 2012, Dixons porte sa participation à 99 % en rachetant pour 10 millions d’euros les 22 % encore détenus par les fondateurs, ce qui valorise Pixmania à 45 millions d’euros. Les deux frères quittent la société le 17 août. « Notre sortie du capital était prévue depuis 2006, mais elle a été repoussée d’un commun accord de deux ans, en raison de la crise », explique alors Jean-Émile Rosenblum. Sur BFM Business, il dit vouloir « redémarrer quelque chose d’opérationnel ».

Un an plus tard, alors que Dixons s’apprête à céder Pixmania à l’allemand Mutares, il critique durement son ancien actionnaire dans un entretien au Journal du Net, repris par Next INpact en septembre 2013. Il lui reproche d’avoir délaissé Pixmania pour sauver ses activités britanniques après la crise de 2008, d’avoir laissé passer deux acheteurs, Media Markt puis Carrefour, et d’avoir fermé les magasins. « Ce massacre commis par Dixons est honteux », déclare-t-il. Le Journal du Net, dans une enquête publiée quelques jours plus tôt, attribue plutôt le déclin au recul du high-tech, à la concurrence d’Amazon et de Cdiscount et, peut-être, à des désaccords stratégiques entre fondateurs et actionnaire. Pixmania est placée en liquidation judiciaire le 5 février 2016.

The Kase, des coques aux boutiques de téléphonie

Dès décembre 2012, les deux frères lancent The Kase avec Johann Barthes, cofondateur de Phone and Phone, dans une collaboration à parts égales entre eux, selon Challenges, cité par Mac4Ever. L’enseigne vend des housses, étuis et coques personnalisables pour tablettes et smartphones. Dotée d’environ 5 millions d’euros, elle prévoit cinq magasins en France avant la fin de l’année, le premier le 12 décembre au centre commercial So Ouest, à Levallois. En septembre 2013, Next INpact indique que The Kase doit reprendre 114 boutiques et 416 salariés de The Phone House.

Racheter la marque Pixmania

Mi-2020, les frères Rosenblum récupèrent la marque Pixmania, rapporte Solutions Numériques. La présentation de l’épisode que lui consacre le podcast Cash Out, en décembre 2024, situe ce rachat en pleine pandémie, deux semaines avant la liquidation de la marque. Après une levée de fonds de série A dont le montant n’a pas été communiqué, le site rouvre mi-mars 2022, avec un accent sur les smartphones neufs et d’occasion. FrenchWeb y voit une plateforme qui veut réunir l’univers mobile, du téléphone à l’assurance, sous un nom choisi pour sa notoriété. La même année, l’émission Le Tech Show annonce la sortie de son livre, La passion d’entreprendre.

En juillet 2024, Pixmania annonce une levée de 11,3 millions d’euros auprès notamment du fonds Breega ; Xavier Niel et Pauline Duval figurent parmi ses investisseurs. L’entreprise ouvre aussi une campagne de financement participatif sur Sowefund et revendique un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2023. Presse-citron mentionne 160 collaborateurs et un laboratoire où 100 personnes reconditionnent les appareils rachetés. Auprès de Maddyness, le dirigeant met en avant la reprise de l’ancien téléphone, déduite du prix du nouveau, et les facilités de paiement.

L’offre de reprise de Rakuten France

Depuis avril 2026, Rakuten cherche un repreneur pour sa place de marché française, l’ancien PriceMinister, qui emploie environ 180 salariés. Deux offres fermes sont déposées, l’une par Pixmania, l’autre par un fonds étranger. Selon une source proche du dossier citée par Maddyness, Pixmania proposait de reprendre l’ensemble de l’activité et de conserver environ un tiers des effectifs. À la mi-juillet, la fermeture de la plateforme est annoncée.

Le cofondateur de Pixmania met alors en cause la sincérité du processus. « Nous pensons qu’ils se sont servis de nous pour pouvoir la fermer légalement », déclare-t-il à Maddyness, en référence aux obligations de recherche d’un repreneur prévues par la loi Florange. Il regrette aussi de n’avoir jamais pu présenter son offre au comité social et économique, qui a rendu un avis défavorable sur les deux propositions. Le député Paul Midy soutient publiquement l’option Pixmania. Rakuten France conteste cette lecture : sa direction affirme avoir toujours voulu privilégier la cession et estime qu’aucune offre ne remplissait ses trois critères, la préservation des emplois, les conditions financières et la pérennité de l’activité. Elle souligne aussi que la plateforme a perdu un tiers de ses clients en dix ans. La place de marché ferme définitivement le 30 septembre 2026.

Parcours

2000
Création de Pixmania
Il fonde avec son frère Steve ce site de vente d'appareils photo numériques, élargi ensuite à l'électronique ; le podcast Cash Out retient 2001.
2006
Cession majoritaire à Dixons
Les deux frères vendent 77 % de Pixmania au distributeur britannique et conservent 22 % du capital.
2012
Départ de Pixmania et lancement de The Kase
Après la revente de leurs dernières parts à Dixons en août, ils lancent en décembre cette enseigne d'accessoires mobiles.
2020
Rachat de la marque Pixmania
Les frères Rosenblum récupèrent la marque de leur ancienne entreprise, alors en liquidation.
2022
Réouverture de Pixmania
Le site rouvre mi-mars, centré sur les smartphones neufs et d'occasion.
2024
Levée de 11,3 millions d'euros
Pixmania lève des fonds auprès notamment du fonds Breega et ouvre une campagne de financement participatif sur Sowefund.
2026
Offre de reprise de Rakuten France
Son offre est écartée et il conteste la sincérité du processus, ce que Rakuten conteste.

Le seul pure player qui résistera sera Amazon.

Journal du Net, septembre 2009

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